LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN
- Sébastien LAGOUTTE

- 6 mai 2025
- 2 min de lecture
Les droits des travailleurs, cet accessoire encombrant" - Tiens, une bonne nouvelle : les atteintes aux droits des travailleurs ont atteint un niveau record. Champagne ! À force de tirer sur la corde, elle a pété. Mais rassurez-vous, c’est la corde des ouvriers, pas celle du PDG de Nestlé, lui, il s’en sert pour attacher son yacht.

Alors voilà, entre avril 2023 et mars 2024, dans 50 pays sur 148, les salariés ont été physiquement agressés pour avoir eu l’outrecuidance de réclamer... des droits.
Oui oui, des trucs tout à fait extravagants, comme « être payé » ou « ne pas mourir dans un entrepôt Amazon ». On a même tué des syndicalistes dans 13 pays. Le progrès, version machette.
Et on ne parle pas du fin fond du monde : l’Europe aussi y va de sa petite dictature sociale, avec des violences recensées dans 26 % des pays du continent. Une pensée émue pour les mecs qui votent « progressiste » à Bruxelles pendant que les CRS progressent sur les côtes de manifestants à coups de LBD.
Mais le pompon, c’est qu’on ose encore faire des classements. Tu sais, comme à l’école, sauf que là, t’as la note selon le nombre de droits qu’on t’arrache au boulot.
L’Europe ? Moyenne de 2,49. Pas mal. Encore un effort et on pourra rivaliser avec l’Arabie Saoudite, ce Disneyland du droit du travail où, selon la CSI, les choses s’améliorent. On file droit, ou plutôt on file des droits... aux actionnaires.
Côté entreprise, on retrouve les grands classiques. Coca-Cola, H&M, Amazon, Nestlé… Les Avengers du foutage de gueule. Tu bosses, t’es jetable, tu te plains, t’es viré. Si t’es chanceux. Sinon, t’es juste enterré. P&O Ferries, eux, ont viré 800 marins pour les remplacer par des gars encore plus précaires. Comme quoi, y’a toujours plus pauvre que toi pour faire ton boulot, moins cher et sans broncher. Merci la mondialisation.
Et pendant ce temps, l’Organisation internationale des employeurs — alias "le club de ceux qui n’ont jamais vu un SMIC sauf sur Wikipédia" — explique qu’il faut « respecter les règles établies ». Lesquelles ? Celles qu’ils réécrivent tous les matins entre deux conseils d’administration en se torchant avec les conventions de l’OIT.
Non, vraiment, c’est beau. Le droit du travail, aujourd’hui, c’est comme les pandas : on en parle beaucoup, on finance des trucs pour faire semblant de le sauver, et tout le monde s’en fout tant qu’il reste des peluches à vendre.
Allez, courage à tous les travailleurs qui rêvent encore de justice sociale. Continuez de lutter, ça vous fera des muscles. Et vous en aurez besoin pour courir quand les flics chargeront.




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