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LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN

Mesdames et messieurs, Bienvenue dans l’univers merveilleux du capitalisme décomplexé, où un PDG peut empocher 5,5 millions d’euros tout en expliquant qu’il les mérite parce qu’il bosse 60 à 80 heures par semaine. Ahhhhhhh, le pauvre... Son nom ? Luca de Meo, PDG de Renault.




Son drame ? Gagner seulement 260 fois le salaire d’un ouvrier et devoir se justifier devant ces jaloux de smicards qui ne comprennent rien à l’économie. Parce que LUI, il bosse. Il prend des décisions. Des décisions cruciales, des décisions stratégiques, des décisions qui impactent l’avenir…des actionnaires.

Et aussi celui des salariés, mais pas de la même manière. Car pendant que notre cher Luca peaufine ses graphiques en réunion, certains triment sur les chaînes de montage, d’autres perdent un bras dans une presse hydraulique, d’autres encore s’écroulent sous la pression, le stress et les cadences infernales.

Des salariés qui souffrent. Des salariés qui meurent. Sous les décisions qu’il a prises. Mais ce n'est pas pour rien tout ça... C'est pour créer de la valeur !


Ah oui, la valeur. Ce grand mot magique qui justifie tout. Et ça vaut combien, tiens, la vie d’un ouvrier ? Moins qu’un bonus de fin d’année. Moins que les dividendes des actionnaires manifestement !

Et quand un accident mortel survient dans une usine, quand un salarié se suicide à cause des cadences infernales de travail ou de la pression, quand un mec s’effondre d’épuisement… Est-ce que la boîte s’arrête ? Est-ce que la bourse tremble ?... NON ! On passe un coup de fil au service comm’, on fait un communiqué creux, et surtout, on continue.


Parce qu’un ouvrier, c’est remplaçable.

Un PDG, non. Lui, il réfléchit. Il passe 80 heures par semaine à trouver comment rogner un centime par pièce, comment fermer une usine tout en touchant des subventions, comment presser encore plus ceux qui restent. Il dort peu, paraît-il. Mais pas autant que ceux qui ne dorment plus du tout.

Alors, s’il vous plaît, un peu de compassion pour cet homme en détresse. Peut-être qu’avec un peu de chance, il arrivera un jour à comprendre que la valeur qu’il crée n’a plus rien d’humain...

 
 
 

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