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LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN

Fraude fiscale : ces grands patrons qui nous expliquent la vie en nous volant notre pognon - Ah, les grands patrons ! Ces êtres d’exception qui nous expliquent, entre deux cocktails au Fouquet’s, qu’ils créent de la richesse et de l’emploi, qu’ils sont les piliers de l’économie, et que sans eux, nous finirions tous à bouffer des cailloux. Ces mêmes patrons qui, bizarrement, ne semblent jamais assez riches et qui, plutôt que de payer leurs impôts comme tout le monde, préfèrent planquer leur fortune dans des paradis fiscaux et sucer la moelle de leurs propres salariés.


Prenons Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France et l’un des plus riches du monde. Ce brave homme, qui a vu sa fortune exploser pour atteindre plus de 200 milliards d’euros en 2023, passe un temps considérable à optimiser fiscalement ses petits sous. L’optimisation fiscale, c’est comme la fraude mais en costard-cravate et avec des avocats hors de prix. Ça consiste à utiliser toutes les failles possibles du système pour ne pas payer sa part. Il est bien entouré : les PDG de Michelin ou encore de TotalEnergies se battent eux aussi pour réduire leur contribution au bien commun.


Et les chiffres sont éloquents. En 2023, la fraude fiscale en France a été estimée entre 80 et 100 milliards d’euros par an. Pour vous donner une idée, c’est deux fois le budget de l’Éducation nationale, ou encore de quoi doubler le budget des hôpitaux publics. Mais non, au lieu de récupérer ces milliards, le gouvernement préfère couper dans les services publics et nous faire la morale sur « l’effort collectif ».


Le racket organisé des grandes entreprises


Pendant qu’on fait la chasse aux petits fraudeurs du RSA (qui représentent environ 3 milliards d’euros de fraude sociale par an, soit 30 fois moins que la fraude fiscale), les grandes entreprises du CAC 40 s’en donnent à cœur joie. En 2023, elles ont versé 100 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires, un record. Pendant qu’on explique aux salariés qu’il faut serrer la ceinture, qu’il faut être flexible, accepter des horaires à rallonge et des salaires qui stagnent, les actionnaires se goinfrent en douce.


Et ne croyez pas que c’est un phénomène récent : entre 2011 et 2021, les 100 plus grandes entreprises françaises cotées en bourse ont versé en moyenne 71% de leurs bénéfices en dividendes et rachats d’actions. 71% ! Ça veut dire qu’au lieu de réinvestir dans l’entreprise, d’augmenter les salaires ou d’embaucher, la priorité absolue, c’est d’enrichir ceux qui n’en ont pas besoin. TotalEnergies, par exemple, a redistribué 61 milliards d’euros sur cette période.


Pendant ce temps, les salariés se prennent des miettes. Le SMIC est revalorisé à coups de centimes, les petites augmentations salariales sont refusées sous prétexte que « c’est la crise » et que les marges sont trop faibles. Ah oui, la crise… Drôle de crise où les milliardaires s’enrichissent plus vite que jamais et où les entreprises battent des records de profits.


Le grand hold-up fiscal


Et comme si ça ne suffisait pas, ces braves patrons ont trouvé encore mieux : réclamer des aides publiques. Entre les exonérations de cotisations sociales, les subventions et les crédits d’impôt, c’est un festival. En 2022, l’État a distribué environ 157 milliards d’euros d’aides aux entreprises sous diverses formes. C’est presque autant que le budget des retraites. Et on nous dit qu’il faut « travailler plus longtemps » parce qu’il n’y a pas d’argent ?


Pire encore, le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), censé aider les entreprises à embaucher, a coûté près de 100 milliards d’euros en six ans… sans effet notable sur l’emploi. Par contre, il a bien servi aux actionnaires.


Pendant ce temps-là, les infirmiers et les profs sont en sous-effectif, les hôpitaux sont à l’agonie, les transports publics manquent d’investissements, et on nous parle d’un déficit abyssal. Ce n’est pas un déficit, c’est un pillage organisé !


Et maintenant, ils osent se plaindre et menacer la France


Et voilà le dernier scandale en date : le gouvernement ose envisager de faire payer un peu plus d’impôts aux multinationales et aux plus grandes fortunes pour financer ce que l’État n’arrive plus à maintenir à flot : les hôpitaux, l’éducation nationale, la justice, et globalement, tout ce qui fait tenir un pays debout.


Devinez leur réaction ? Une levée de boucliers immédiate. "Si vous augmentez nos impôts, nous allons partir et licencier en masse."

Oui, vous avez bien lu. Ces patrons, qui nous expliquent depuis des années qu’ils sont des philanthropes, des créateurs d’emplois, qu’ils aiment la France, menacent aujourd’hui de déménager leur fortune ailleurs et de foutre des centaines de milliers de salariés au chômage. Juste parce qu’ils pourraient devoir contribuer un peu plus au bien commun.


Alors que des pays comme les États-Unis ou l’Allemagne taxent davantage les multinationales et les grandes fortunes sans qu’elles ne s’effondrent, les PDG français préfèrent faire du chantage. Ils disent qu’ils ne pourront plus "investir", alors qu’ils ont redistribué 100 milliards d’euros aux actionnaires en 2023.

Et bien sûr, les mêmes éditorialistes qui passent leur temps à vomir sur les chômeurs, à expliquer qu’il faut "travailler plus", trouvent maintenant des excuses à ces patrons. "Attention, il ne faut pas les faire fuir, ce sont eux qui créent la richesse !"

Non, ce ne sont pas eux qui créent la richesse. Ce sont les salariés. Ceux qui se lèvent tous les matins pour produire, construire, vendre, enseigner, soigner. Ceux qui, eux, payent leurs impôts jusqu’au dernier centime, sans la possibilité de planquer quoi que ce soit au Luxembourg ou aux Îles Caïmans.


Conclusion : la fraude fiscale, c’est le vol du bien commun


En réalité, il n’y a pas de fatalité. L’argent existe, il est juste capté par une minorité qui refuse de partager. L’impôt, ce n’est pas du vol, c’est ce qui finance les écoles, les hôpitaux, les routes, la justice, la sécurité. Ce qui est du vol, c’est de se planquer dans un paradis fiscal pendant qu’on demande aux autres de se serrer la ceinture.

Alors la prochaine fois qu’on vous dit qu’il n’y a plus d’argent, pensez à ces milliards qui dorment sur les comptes offshore de Bernard Arnault et compagnie. Pensez aux dividendes records versés pendant qu’on ferme des lits d’hôpitaux. Et demandez-vous : pourquoi c’est toujours aux mêmes qu’on demande des sacrifices ?

Et si vraiment ces patrons veulent partir et licencier en masse ? Très bien, qu’ils partent. On trouvera bien d’autres personnes compétentes qui, elles, auront au moins le mérite de payer leurs impôts.

 
 
 

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