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LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN

"Travaillez plus pour mourir plus" : bienvenue en France, leader occidental des cercueils de chantier - Ah, la France. Ce pays qui aime donner des leçons au monde entier sur les droits humains, la dignité et l’égalité. Une lumière pour les opprimés, un exemple pour les nations. Mais dès qu’il s’agit de protéger ses propres travailleurs, c’est une autre histoire. 


Aujourd’hui, on parle de Moussa, mort au boulot, parce que sa vie valait apparemment moins cher qu’un harnais ou une formation sécurité. L’entreprise Europ Net, prestataire de l’Assemblée nationale (oui, ce grand temple de la démocratie), vient d’être condamnée pour homicide involontaire. Mais rassurez-vous, les dirigeants dormiront dans leurs beaux draps en satin ce soir. Une condamnation pénale, c’est un peu comme un bouton sur le nez : gênant, mais pas dramatique.


Et Moussa n’est pas un cas isolé. En France, les morts au travail, c’est un sport national. Sauf qu’au lieu de distribuer des médailles, on distribue des cercueils. En 2021, 592 personnes sont mortes sur leur lieu de travail. Et non, ce n’est pas parce qu’on est un pays de fainéants qu’on a de meilleures statistiques par rapport au nombre d’heures travaillées. C’est simplement qu’on est les champions incontestés de l’indifférence et de l’inaction.


Quand la Roumanie donne des leçons de sécurité à la France



Et là, vous vous dites peut-être : "C’est sûrement pareil partout en Europe, non ? On est juste un peu malchanceux." Faux. Archi faux. Regardons du côté des pays de l’Est, ceux qu’on aime bien toiser avec notre condescendance de riche occidental. Prenons la Roumanie, par exemple. En 2021, ce pays comptabilisait environ 3,5 morts au travail par million de travailleurs. En France ? Presque 6,5 morts par million. Oui, vous avez bien lu. La Roumanie. Ce pays qu’on imagine encore comme un décor de film sur Dracula fait mieux que nous pour protéger ses salariés. Et la Pologne ? Pareil. Avec un taux de mortalité professionnelle inférieur à celui de la France, ces pays montrent qu’on peut faire mieux, même avec un budget bien moins généreux.


Mais pourquoi eux et pas nous ? Simple : quand on part d’un contexte économique difficile, on comprend que chaque travailleur compte. En France, en revanche, on a tellement intégré que les salariés ne sont qu’une ressource parmi d’autres qu’on les traite comme des consommables. Une chute, une électrocution ou un accident sur un chantier ? Pas grave, on remplacera. C’est l’avantage d’un marché du travail qui presse ses employés comme des citrons avant de les jeter à la poubelle.


Des morts invisibles, mais des profits bien réels


Le problème, c’est que dans ce pays, les morts au travail ne sont qu’une ligne de statistiques. Le grand public s’en fout, les médias en parlent à peine, et les responsables continuent de sourire sur leurs photos LinkedIn. Moussa, lui, est mort parce que son employeur a estimé qu’économiser sur les équipements de sécurité était plus rentable que de lui sauver la vie. Ce n’est pas une exception. En France, l’idée même d’investir massivement dans la sécurité des salariés semble être une hérésie économique.


Pourtant, ça marche ailleurs.

En Finlande, où les accidents mortels au travail sont rarissimes, les entreprises ont compris que protéger leurs salariés, c’était protéger leur productivité. Mais chez nous, on préfère les épuiser, les précariser, et quand l’un d’eux tombe, on passe à un autre. Après tout, dans une économie où le travail est une valeur sacrée, il faut bien quelques sacrifices sur l’autel de la rentabilité.


La France, paradis des patrons intouchables


Et parlons-en, des responsabilités. Quand une boîte est condamnée pour homicide involontaire, qui trinque vraiment ? Les dirigeants ? Bien sûr que non. Ils s’en sortent avec une amende qui représente l’équivalent d’un bonus de Noël pour un cadre supérieur. Et encore, ça, c’est quand il y a un procès. Dans la majorité des cas, les familles des victimes sont laissées seules face à leur chagrin et à des procédures interminables. Parce que oui, en France, mourir au travail, ce n’est même pas un scandale. C’est juste une "fatalité".


Vous savez ce qui serait bien ? Qu’un dirigeant, pour une fois, finisse en taule. Oui, en prison. Parce que tant qu’on continuera à laisser les patrons jouer avec la vie de leurs salariés sans conséquences personnelles, rien ne changera. Ils se contenteront de payer leurs amendes et de passer à autre chose. Un mort au travail, c’est une statistique. Mais un dirigeant condamné, ça, c’est un précédent.


"Travailler plus pour mourir plus" : le nouveau slogan national


Alors, la prochaine fois que vous entendez un politicien parler de "valeur travail", pensez à Moussa. Pensez à ces centaines de morts anonymes qui ne reviendront jamais chez eux. Pensez aux pays qu’on aime mépriser, mais qui, eux, ont compris qu’une économie ne vaut rien sans des travailleurs en vie. Et surtout, posez-vous cette question : pourquoi accepte-t-on encore qu’en France, en 2025, aller travailler puisse être une condamnation à mort ?


Parce que si la Roumanie ou la Pologne y arrivent, pourquoi pas nous ? Peut-être parce qu’on préfère mourir dans l’arrogance que vivre dans le progrès.

 
 
 

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