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LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN

Abandon de poste : un symptôme que le Conseil d’État préfère flinguer ! Allez, encore une brillante idée sortie des cerveaux bien huilés de nos élites : l’abandon de poste, c’est fini. Enfin, c’est surtout fini pour les allocations chômage. Maintenant, si t’en peux plus de ton boulot et que t’as le malheur de partir sans claquer la bise à ton patron, tu seras considéré comme démissionnaire. Pas de chômage. Pas de parachute. Juste la chute libre.



Pour les deux du fond qui dorment, on rappelle : l’abandon de poste, c’est quand un salarié disparaît du jour au lendemain, sans prévenir. C’est pas idéal, on est d’accord. Mais ça n’arrive pas par hasard. Personne ne quitte un job sur un coup de tête en se disant : "Tiens, si je me mettais à crever de faim ce mois-ci ?"


Derrière, il y a des raisons. Toujours.

Historiquement, le salarié qui abandonnait son poste risquait un licenciement pour faute. Ce licenciement ouvrait droit au chômage. Pas pour encourager les feignasses, hein, mais parce qu’on avait vaguement compris qu’un abandon de poste, c’est souvent un cri de détresse.


Et puis en 2022, paf : le gouvernement a sorti sa baguette magique avec la loi Marché du travail. Résultat ? Si tu pars, c’est que tu démissionnes. Pas besoin de chercher pourquoi. Pas besoin de te protéger. Juste un grand doigt d’honneur et au suivant.

Et maintenant, le Conseil d’État, dans sa grande sagesse, valide cette connerie. Désormais, sauf motif légitime – genre t’as fait une grève, t’es malade ou t’as refusé de faire un truc illégal – ton abandon de poste, c’est direct le game over.


Mais franchement, est-ce qu’on peut arrêter le délire deux minutes ? Pourquoi les gens abandonnent leur poste, hein ? Pour se taper des vacances à Bora Bora ? Non. Ils partent parce qu’ils en ont plein le dos : des salaires qui frôlent l’insulte, des managers qui pensent que la bienveillance, c’est un truc qu’on fout dans les yaourts, et des conditions de travail qui te lessivent plus vite qu’un cyclone.


82.000 abandons de poste en 2022. Mais au lieu de se demander pourquoi autant de gens en arrivent là, on préfère leur coller un sticker déserteur sur le front. Et l’employeur, lui ? Pas de problème. Il peut continuer à exploiter son personnel en toute tranquillité. Juste un petit recommandé et hop, plus de responsabilité.


On nous parle d’abus à éviter. Mais les vrais abus, c’est quoi ? C’est les boulots payés au lance-pierre. Les plannings qui changent toutes les cinq minutes. Les chefs qui confondent management et tyrannie. Mais non, ça, c’est pas grave. Le problème, c’est ceux qui partent. Toujours les mêmes qu’on cogne.


Ce qu’il fallait faire, c’était simple : écouter, comprendre, améliorer. Mais ça, c’est trop dur. Alors on sanctionne. On précarise. Et on regarde les gens tomber. Mais attention, messieurs-dames : à force de creuser, vous finirez par tomber avec nous. Parce que quand il n’y aura plus personne pour bosser, vous ferez quoi ? Vous vous enverrez des recommandés entre vous ?


Vous voulez moins d’abandons de poste ? Arrêtez de traiter les salariés comme de la chair à canon. Payez-les. Respectez-les. Sinon, préparez-vous à voir encore plus de démissions. Pas des présumées, des vraies. Et cette fois, ce ne sera pas les salariés qui perdront. Ce sera vous.

 
 
 

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