LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN
- Sébastien LAGOUTTE

- 25 mars 2025
- 3 min de lecture
Et si on écoutait François Bayrou nous expliquer pourquoi on va continuer à bosser jusqu’à l’arthrose. La semaine dernière, sur France Inter, on lui a posé une question simple : "Est-ce qu'on pourrait revenir à la retraite à 62 ans ?". Et là, dans un élan de sincérité non feinte, Bayrou répond : "Non !" Voilà, c’est net, c’est précis, c’est efficace, c’est comme une baffe un matin de gueule de bois.

Pourquoi ? Parce qu’il a fait établir un "rapport numérique" par la Cour des comptes. Ah ben si c’est numérique, alors c’est sûr, ça doit être vrai. Ça veut dire que si c'était un rapport analogique, on aurait eu une autre réponse ? Non parce que là, il nous sort son truc comme si c’était un théorème mathématique :
"Les retraites du privé sont en déficit malgré les 30 milliards de l’État pour les retraites publiques."
Et là, normalement, vous devriez être en PLS à force de cogiter. Pourquoi est-ce qu’on nous parle de déficit alors que la productivité n’a jamais été aussi élevée ?
Pourquoi l’État peut-il trouver 413 milliards pour le budget militaire, 119 milliards pour l'IA... mais pas pour des gens qui veulent juste ne pas crever au boulot ? Trop de questions, pas assez de paracétamol.
Et comme si ça ne suffisait pas, la journaliste ose une hérésie : "Et 63 ans alors, ça vous semble jouable ?"
Et Bayrou, toujours dans la nuance et la pédagogie, nous sort : "Je ne crois pas que la question paramétrique soit la seule piste."
La "question paramétrique"… Mais bordel, il parle comme une calculatrice Casio. Vous croyez qu’un ouvrier enchaînant des journées de 10 heures à l’usine s’inquiète de la question paramétrique ? Lui, ce qu’il veut savoir, c’est quand il va pouvoir arrêter de morfler.
Mais non, Bayrou, lui, il préfère garder ça flou, donner des grandes leçons d’économie aux gens qui galèrent à boucler leurs fins de mois. Parce qu’il faut bien qu’on comprenne que les règles du jeu changent en fonction de qui joue.
Petit jeu des comparaisons qui fâchent :
✅ Travailler jusqu’à 67 ans parce que la France n’a pas les moyens ? OUI.
✅ Donner 15 milliards aux entreprises avec la baisse des impôts de production ? OUI.
✅ Renflouer les caisses de l’État en taxant les dividendes records du CAC 40 ? NON, MALHEUREUX !
✅ Allonger la durée de cotisation et faire croire que c’est pour sauver la retraite ? ÉVIDEMMENT.
D’ailleurs, vous avez remarqué comme on vous demande toujours des sacrifices alors que les ultra-riches ne connaissent jamais la crise ? Moi, si je veux une retraite, je dois bosser jusqu’à 67 ans. Bernard Arnault, lui, il prend la sienne à 35 ans avec des stock-options et il passe sa vie à défiscaliser aux Pays-Bas. Mais non, c’est normal, c’est le jeu ma pauvre Lucette.
Des syndicats qui n’y croient plus (et nous non plus)
Du côté des syndicats, c’est l’hécatombe. Force Ouvrière a dit "allez vous faire foutre" en refusant de participer aux discussions, la CGT y reste mais en serrant les dents, et la CFE-CGC nous dit qu’on pourrait revenir à 62 ans avec d’autres paramètres.
Mais comme on l’a vu, Bayrou ne veut pas entendre parler de paramètres qui pourraient aider les travailleurs. Si ce n’est pas un paramètre pour niquer les gens, il s’en fout.
Résultat ? Il se fait allumer en règle. Scandaleux, dit Denis Gravouil (CGT). Incompréhensible, pour Yvan Ricordeau (CFDT). Une instrumentalisation des partenaires sociaux, selon Michel Beaugas (FO).
Et Bayrou, lui, pendant ce temps-là, est sûrement en train de boire un café en se félicitant de sa brillante démonstration économique. Il ne comprend même pas pourquoi tout le monde s’énerve. Ce mec est en orbite, il observe la précarité de loin, avec un télescope hors de prix payé par vos impôts.
Au final, qu’est-ce qu’on retient ?
Rien de nouveau sous le soleil. On nous explique qu’il faut être raisonnables, pendant que les élites s’organisent des parachutes dorés.
Pendant ce temps, la seule vraie question, c’est : On veut crever au boulot ou crever à la retraite ?
Allez, tiens, je vais me recoucher...





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