top of page
Rechercher

LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN

Aujourd’hui, parlons d’un sujet qui fâche… enfin, surtout ceux qui se font virer comme des malpropres. Je vous parle du barème Macron, ce magnifique outil qui transforme une injustice en règle de droit. Ce truc, c’est un peu comme si on vous disait : "Désolé, vous vous êtes fait renverser par une bagnole, mais vu que vous étiez en trottinette et pas en vélo, votre jambe cassée vaut 30 % de moins."


Alors oui, c’est pas nouveau. Ça date de 2017, et la Cour de cassation, dans sa grande mansuétude, est venue mettre un point (presque ?) final au débat en 2022, en déclarant que ce barème était parfaitement conforme à la loi. En gros, l’Organisation Internationale du Travail disait que ça puait l’arnaque, mais la Cour a tranché : "Circulez, y’a rien à voir !".


Et là, on touche au chef-d’œuvre. Vous savez, avant, quand vous vous faisiez lourder sans raison, un juge évaluait votre préjudice : votre carrière, votre âge, vos difficultés à retrouver du boulot… Bref, un truc humain. Mais ça, c’était avant. Parce que maintenant, on a remplacé le bon sens par un tableau Excel.


Pourquoi c’est une escroquerie ?


L’ancienneté devient un critère d’indemnisation : "Ah, vous avez bossé 6 mois avant d’être viré comme un chien ? Super, voici un demi-mois de salaire. Achetez-vous un ticket resto et un mouchoir." - "Ah, vous avez 30 ans d’ancienneté ? Bravo, mais même si votre boîte vous a sacrifié sur l’autel du profit, ce sera 20 mois de salaire max. Allez, filez maintenant !"


Et après, on s’étonne que les salariés soient plus fidèles à Netflix qu’à leur entreprise.

La taille de l’entreprise joue également sur l’indemnité : Alors celle-là, c’est ma préférée. Si vous êtes viré par une TPE, vous touchez moins que si c’est une grosse boîte. Parce que c’est bien connu, se faire virer par Carrefour est plus douloureux que par la boulangerie du coin. Apparemment, la détresse psychologique dépend du nombre de zéros sur le bilan comptable de votre employeur !

Ah bah oui, parce que le licenciement devient plus douloureux quand il y a un grand logo derrière. Vous êtes foutus, mais pas autant que si c’était Amazon qui vous jetait dehors.


Le préjudice réel ? Connaît pas : Avant, on vous indemnisait en fonction de votre vraie galère. Maintenant, c’est du forfait tout compris.

Imaginez la même logique appliquée aux victimes d’accidents :"Désolé monsieur, votre voiture n’est qu’une Twingo, donc la perte de vos deux jambes sera compensée à hauteur d’un vélo d’occasion. Bonne chance pour pédaler avec ça."


Prenons un cas concret, histoire de voir à quel point ce barème est une insulte au bon sens.


Imaginons Sophie. Sophie bosse depuis 6 mois dans une petite boîte de 10 salariés. Elle subit un harcèlement moral et sexuel de la part de son responsable. Elle finit par craquer, elle ose parler, elle ose dénoncer. Et que se passe-t-il ? Son employeur, plutôt que de sanctionner son responsable, décide de la licencier. Parce que, voyez-vous, dans la vraie vie, la victime gêne plus que l’agresseur.


Alors maintenant, grâce au merveilleux barème Macron, on va lui expliquer que son licenciement abusif vaut moins que celui d’une autre victime... comme celui de Justine, qui bosse depuis 20 ans dans une boîte de 20 000 salariés. Elle a été harcelée par un supérieur, elle a dénoncé, elle a été virée parce qu’elle dérangeait elle aussi


Les deux femmes ont subi le même enfer, elles ont perdu leur travail pour avoir osé défendre leur dignité.

Mais voilà, le barème Macron entre en scène :

  • Sophie, la "petite" victime ? Un demi-mois de salaire d’indemnisation.

  • Justine, la "grande" victime ? Elle peut espérer jusqu’à 20 mois de salaire.

Alors qu’est-ce que ça veut dire ? Que Sophie souffre moins ? Qu’elle a moins perdu que Justine ? Qu’elle va retrouver du boulot plus facilement après s’être fait briser psychologiquement ?

Ah non, c’est juste que l’État a décidé que sa douleur valait moins.


C’est ça, le barème Macron. Il ne juge pas l’injustice subie, il juge à combien elle revient.

Et après, on veut nous faire croire que c’est un progrès. Un progrès pour qui ? Pour les employeurs qui veulent licencier tranquillement ? Parce que pour Sophie et Justine, la seule justice qu’on leur offre, c’est une calculette et un bon pour France Travail.


Si la Cour de cassation a dit "oui", la Cour d'appel de Grenoble dit toujours "non" !


Depuis 2022, la Cour de cassation a décidé que ce braquage organisé était parfaitement légal. En gros, elle a regardé les traités internationaux qui disaient que ça puait l’injustice, puis elle a haussé les épaules en mode : "Bon, on s’en fout, hein ? On applique quand même."

Mais heureusement, il reste encore des résistants.

Oui, parce que malgré ce massacre organisé, il y a encore des avocats et des juges qui refusent de plier l’échine. Comme à Grenoble ! La Cour d’appel a dit :"Nous, on s’en bat le barème."

Résultat ? Ils continuent à indemniser les victimes en fonction du vrai préjudice subi. Un peu comme si un pompier refusait d’obéir à un ordre qui lui dit d’éteindre un feu avec un verre d’eau.

C’est beau, non ?


Pourquoi cette chronique, aujourd’hui ?


Parce que cette arnaque dure depuis trop longtemps. Parce qu’il faut se battre pour que chaque salarié ne soit pas traité comme une simple ligne comptable. Parce qu’un licenciement abusif, ça détruit des vies, et que la réparation doit être à la hauteur du dégât, pas d’un tableau bureaucratique rédigé par des technocrates en costard.

Et surtout, parce que pendant qu’on en parle ici, à l’autre bout du pays, un avocat en robe noire est en train de monter au créneau en disant : "Le barème Macron ? Moi, je l’emmerde."

 
 
 

Commentaires


© 2024 par SL CONSULTING CABINET CONSILIUM.

bottom of page