LA MAUVAISE HUMEUR DE SÉBASTIEN
- Sébastien LAGOUTTE

- 7 janv. 2025
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 3 avr.
Et voilà, 2025 est là ! Le moment magique où tout le monde s’embrasse en se souhaitant "une bonne année". Mais soyons clairs, cette bonne année, elle n’est pas pour tout le monde. Certainement pas pour les ex-salariés de Milee, ces 10.000 travailleurs que leur entreprise a jetés à la rue comme des ordures, et que l’État a abandonnés comme un chien au bord de l’autoroute. Ces gens ont passé six mois dans l’enfer de la précarité absolue, à bouffer leur dignité et leurs économies, avant qu’on daigne enfin leur verser leur dû juste avant Noël. Et encore, pas parce que quelqu’un s’est soudainement souvenu qu’ils existaient, mais parce que, à force de crier famine, il fallait bien lâcher quelques miettes. Alors, bonne année à eux. Pour les autres, les responsables de cette boucherie sociale, vous pouvez retourner hiberner dans vos bunkers dorés.

Milee : le Titanic des emplois précaires
Milee, ex-Adrexo, c’était cette boîte qui distribuait vos prospectus, vos pubs et vos journaux gratuits. Un boulot mal payé, ingrat, mais vital pour des milliers de travailleurs précaires. Des retraités qui voulaient compléter leur pension ridicule, des mères seules qui jonglaient entre deux jobs, des jeunes qui espéraient démarrer dans la vie. Et qu’est-ce qu’on leur a offert ? Une liquidation judiciaire en septembre 2024, sans salaire, sans chômage, sans aucun plan B. Un vrai carnage humain.
Mais ne vous méprenez pas : ce naufrage n’est pas un accident de parcours. Non, c’est une œuvre d’art en gestion calamiteuse. Les dirigeants de Milee ont laissé la boîte sombrer, tout en abandonnant leurs salariés dans un purgatoire administratif. Pas de licenciement officiel, pas de chômage, juste un immense néant. Et pendant ce temps, eux ont continué à s’occuper de leurs petites affaires, bien loin du champ de ruines qu’ils ont laissé derrière eux. Ah, ils doivent être fiers de leur "vision".
L’État : complice par incompétence
Et l’État, on en parle ? Ah oui, le fameux "État-protecteur", celui qui est censé ne laisser personne sur le bord de la route. Eh bien, dans le cas de Milee, il a regardé les salariés crever dans le fossé, en sifflotant. En septembre, quand 10 000 personnes ont perdu leur emploi du jour au lendemain, on aurait pu imaginer une réaction rapide, un plan d’urgence, quelque chose. Mais non. L’État s’est contenté de quelques vagues déclarations : "Nous suivons la situation avec attention." Ah, merci pour votre "attention". Pendant que vous suivez, des familles comptent leurs pièces jaunes pour acheter un litre de lait.
Ils auraient pu débloquer des fonds pour indemniser immédiatement les salariés. Ils auraient pu les aider à toucher leurs allocations chômage. Mais non. Rien. Pendant six mois, ces hommes et ces femmes ont dû survivre seuls, dans un silence assourdissant. Mais rassurez-vous, nos ministres ont probablement passé de très bonnes fêtes. Eux, ils n’ont pas eu à se demander s’ils allaient pouvoir payer leur loyer en janvier.
Enfin payés, mais à quel prix ?
Alors oui, à quelques jours de Noël, les salariés de Milee ont enfin touché leurs salaires impayés. Ils ont reçu leurs indemnités, leur dû. Mais que personne n’ose appeler ça une "victoire". Ces versements arrivent après des mois de souffrance, de stress, de galères. Des mois où des familles entières ont dû s’endetter, vendre leurs biens, se priver de tout pour survivre. Cette indemnisation tardive, c’est un pansement ridicule sur une plaie béante. Et le mal est déjà fait.
On ne rembourse pas les nuits blanches, les humiliations, les sacrifices. On ne redonne pas leur dignité à ces travailleurs qu’on a traités comme des numéros à rayer dans un tableau Excel. Alors oui, ils ont été payés. Mais à quel prix ? Celui de leur santé mentale, de leur sécurité, de leur confiance en un système qui les a lâchés.
Une bonne année pour qui, exactement ?
Et maintenant, 2025 est là. Mais une bonne année, pour qui ? Certainement pas pour ces salariés qui doivent encore se reconstruire après avoir été broyés par leur entreprise, puis abandonnés par l’État. Une bonne année, c’est pour ceux qui ont survécu à cet enfer. Ceux qui ont tenu bon malgré tout, qui ont gardé leur dignité alors qu’on faisait tout pour les écraser.
Quant aux autres, les dirigeants qui ont planté Milee, les politiciens qui ont fermé les yeux, les responsables de ce désastre qui trinquent au champagne sans une once de remords, vous ne méritez rien. Pas une bonne année, pas un bon jour, rien. Vous êtes les rouages d’un système qui tue à petit feu ceux qui n’ont pas de pouvoir. Un système qui traite les travailleurs comme du matériel jetable, des variables d’ajustement dans des tableaux comptables.
Bonne année aux vrais combattants
Alors, pour cette nouvelle année 2025, bonne année aux vrais héros : aux salariés de Milee, et à tous ceux qui se battent pour survivre dans un monde qui les méprise. Bonne année à ceux qui n’ont pas baissé les bras, malgré tout. Aux autres, ceux qui ont contribué à ce carnage social ou qui l’ont ignoré avec indifférence, ne vous attendez pas à nos vœux. Vous ne méritez que le mépris !




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